La crise de 2008/9 : le début de la plus grande crise de l’Histoire ?

Malgré ce titre très provocateur et intentionnellement évocateur également, se cache vraiment une envie de susciter un questionnement autour de la sphère financière. Rappelons-nous que la sphère financière étant créée pour apporter la liquidité suffisante pour permettre à la sphère économique pour se développer naturellement. Si l’économie représente l’activité des organes du corps, nous pourrions assimiler la finance comme la pression sanguine ou le système sanguin. La crise des Subprimes (voir très bon article de Monsieur Olivier PASTRE pour mieux comprendre cette crise ici) nous a montré la faiblesse du système financier. Mais la question est, malgré les multiples réformes prises à l’échelle internationale, avons-nous traiter les symptômes au lieu du problème en soi : l’extrapolation de la machine financière internationale?

Ceci reste une approche modeste d’un curieux qui essaie de se poser des questions sur son environnement. Ce n’est en aucun cas une démarche qui vise à prouver mes dires mais au contraire, je cherche à soulever un problème, un débat afin de mieux comprendre ce qui nous entoure.

Les origines de la Finance

Étymologiquement parlant, la “finance” représente grossièrement le fait de “terminer une transaction (économique) et donc payer”. Il représente donc la partie “argent” d’une transaction économique. Nous pouvons voir que chaque transaction économique entraîne une transaction financière dans ce processus simple. Progressivement les différents moyens de paiements et non paiements (toutes les formes de dettes à courts et longs termes) compliquent le processus qui fut bien simple initialement. Nous arrivons à définir la finance à travers le processus englobant toutes “les ressources financières” ou tout ce qui est, de manière trivial, “affaires d’argent”.

Nous pourrions ainsi parler de trois types de financement possible :

  • Financement public – l’équilibre budgétaire de l’Etat et les moyens d’actions misent en oeuvre
  • Financement privée – globalement le patrimoine (immobilier comme en terme d’actions/épargnes quelconques) et les revenus
  • Financement d’entreprise – investissements et la gestion de la trésorerie en grande partie

Selon M. Paul H Dembinski (Directeur de l’Observatoire de la Finance), il y a 3 fonctions ou domaines d’activités pour la finance, qui sont les suivants :

  1. tout d’abord, garantir la circulation des transactions financières
  2. ensuite, réunir l’épargne et la mettre au service de projets d’investissement
  3. enfin, évaluer le risque, lui attribuer une valeur et faire en sorte qu’il soit rentable

C’est donc un cycle qui perdure et qui grossit de décennies en décennies. Garantir la circulation des transactions financières en garantissant des services et un système de droits financiers. Le marché est donc régulé et suivi de près pour que ce marché puisse fonctionner sans problèmes et veiller à aucun manquement ou abus d’une partie comme une autre. Puis ensuite permettre aux agents de pouvoir échanger leurs capacités de financement contre une rémunération du risque encouru (ce que j’appelle le marché de la dette sous toutes ses formes. Les taux d’intérêts et toutes les formes de rémunérations grâce à l’épargne ne sont que des “paiements” contre le risque de non-solvabilité). L’ensemble de ces transactions sont donc contractualisés pour prémunir des litiges entre les deux parties sans recours possibles. Déjà, nous pouvons voir qu’il y a une relative déconnexion entre la sphère économique et la sphère financière. Une transaction économique pourrait engendrer une à plusieurs transactions financières. Nous ne sommes plus dans l’optique du processus simple où la finance “ne sert qu’à payer une transaction (économique)”. Enfin le marché évalue le risque qu’on a pu expliquer plus tôt et attribué une valeur pour qu’il soit “rentable”. Mais en cas de défaut de paiements d’un des maillons de la chaîne, qui encours la perte ? Le maillon le plus proche? Celui au début de la chaîne? A la fin de la chaîne? L’ensemble? Nous pouvons voir déjà les problèmes dans le rouage de la finance telles que nous le connaissons. Nous ne parlons pas encore du risque de change entre les différentes monnaies (currencies j’entends là) ou encore les micro-spéculations générées par des robots.

 

La crise des Subprimes en guise de mise en garde?

Je ne vais pas conter les faits relatés par tant d’économistes qui pourront vous expliquer bien mieux qu’un simple curieux comme moi. En 2008 la crise des Subprimes (bien en deçà en termes d’impacts dans la sphère économique que la crise de 29. N’écoutez pas les “ultra-pessimistes” qui comparent à tout va aux pires scénarios qui existent mais nous sommes bien loin de ce niveau de crise).

Pour résumer?

Afin de pallier à la crise immobilière qui suspendait aux nez des américains, ou tout simplement trouver un moyen de se faire de l’argent rapidement afin de créer un surplus de liquidités, les banques américaines ont commencés à courtiser les ménages étasuniens pour leurs offrir quelque chose qui ressemble à une aubaine sans nom.
L’histoire était de devenir propriétaire en hypothéquant la maison qu’ils souhaitent tout juste acheter. Il suffirait donc d’acheter une maison à prêt et en devenir propriétaire. Mais ce système pourrait fonctionner si et seulement si les résidences achetées prennent de la valeur au fil des années à un rythme régulier. Par contre si nous voyons une valeur qui stagne ou pire qui diminue, la banque ne pourrait par couvrir les frais de prêts accordés à la famille. Ce qui devenait alarmant c’est le fait que les courtiers n’étaient pas très attentifs à la solvabilité des ménages. Ils signaient un maximum de contrats sans vérifier si ces-derniers seraient viables. Le soucis arrive et le marché immobilier vient à saturation avec des valeurs qui stagnent et parfois s’effondrent.

Ces “prêts toxiques” étaient difficile à revendre sur le marché financier. Le but est de faire circuler ces titres pour créer de la liquidité pour la banque qui pourra par la suite faire de nouveaux prêts. Mais étant donné le haut risque de ces titres, ils sont difficiles à vendre et à des taux d’intérêts trop élevés (donc peu rentables). C’est là que la magie de la titrisation arrive. “Diluer” ces titres toxiques avec d’autres titres qui sont mieux “notés” pour pouvoir arriver à un porte-feuille d’actions plus facile à céder/vendre. Nous avons tous acheté des barquettes de fruits avec des bons fruits comme des mauvais, c’est le même principe mais avec des volumes d’échanges beaucoup plus important et colossaux. La titrisation était encore plus “vicieuse” car elle permet de décomposer un titre et vendre sa partie “assurance” à d’autres. C’est-à-dire qu’in fine, on pourrait avoir un créancier, puis des autres qui se partagent un “pack d’assurance” d’un “pack de titres” avec divers agents à travers la planète. Est-ce qu’on contrôle tout ceci? Je ne pense pas. Le volume d’échanges est mirobolant et la sophistication du système de produits financiers est sans limite. Les agents financiers sont tout aussi créatifs dans la création de produits que des artistes. Ils ne font que le travail qu’on leur impose, ils ne sont pas critiquables. Ce qui est à critiquer c’est le système en soi.

Le problème c’est comme le jeu de la “patate chaude” (je m’excuse de mes expressions triviales mais c’est plus facile à expliquer et schématiser). Les banques qui ont le plus de crédits toxiques/titres toxiques ont perdus ! C’est le cas du géant Lehmann Brothers qui n’a pas été aidé par la FED en croyant que ça ne serait qu’une situation passagère. Et bah… non ! Le géant américain met la clé sous la porte en quelques mois et officiellement en quelques jours. Cette crise financière a failli devenir systémique (le système bancaire “se braque”, les agents perdent confiance –fiducia– en les banques et leurs monnaies, les banques se méfient l’un l’autre et la circulation de la monnaie gèle l’économie et les échanges). Si la BCE n’avait pas agit conjointement avec la FED et la Banque de Tokyo, je pense que cette crise aurait été sans précédent. Nous parlons de 80-100 milliards de dollars de pertes avec cette crise des subprimes. Beaucoup réévalue aux alentours de 1 000 – 1500 milliards de dollars avec toutes les conséquences que cette crise a eu sur l’économie. Mais je pense surtout que nous n’arriverons pas à mesurer l’impact réel de cette crise à tel point que le système financier est complexe et sa relation “d’interdépendance” avec l’économie est particulièrement compliqué.

Nous arrivons enfin à cette conclusion qui est : “La sphère financière, déconnectée de la sphère économique, est-elle au service de l’économie mondiale ou l’inverse?”

Cette question soulève un autre problème qui est que l’indépendance de la finance par rapport à l’économie était pour aider à injecter plus de liquidités. Mais quels sont les effets négatifs? Un gel de l’économie? Des problèmes sociaux encore plus importants? Des conflits économiques, politiques, des crises de la dette?

Sommes-nous pas déjà dans ce processus?

La bulle financière, un éclatement plausible?

C’est un scénario pessimiste que je souhaite souligner, ou du moins explique la probabilité que cela puisse se passer. Je n’aurais pas la prétention d’apporter des solutions (d’autres grands économistes comme Monsieur Jean GADREY ou Monsieur Olivier PASTRE, ainsi que d’autres, ont trouvés des solutions très intéressantes). Même l’Expansion de l’Express s’est posé la même question il y a peu (voir ici).

Parlons-en d’ailleurs. Cette bulle financière après sa déconnexion de avec la sphère réelle, n’a cessé de croître. La raison de la déconnexion? Permettre une meilleure circulation de la monnaie et une “fluidification” des transactions économiques afin de “booster” l’économie réelle. Ce fut le cas avec le développement de l’informatique, des sites marchand sur internet (qui a amené d’ailleurs la bulle internet du Millénium / 2000), ainsi de suite. Jusque là c’est assez louable mais la sphère a continué de devenir de plus en plus indépendante où l’appât du gains justifier tous les moyens…

Les 3 mots d’ordre qui ont, selon moi ainsi que pour beaucoup d’autres économistes, amenés cette effet perverse de la finance dans l’économie; sont :

  • Déréglementation
  • Désintermédiation
  • Sophistication (des produits financiers, du système de rémunération, de la structure du marché, etc.)

De nouveaux agents se sont engouffrés dans cette brèche amenant de plus en plus de volume de transactions. Tout peut être spéculé, tout peut être vendu, tout a une valeur financière que ce soit du secteur public avec les bons du trésor, avec la valeur de la monnaie; comme avec le secteur privé. Les Hedge Funds, les boîtes d’investissement, les caisses de retraite, etc. beaucoup d’acteurs émergent et s’installent pour spéculer sans réelles contrôles. Les banques finissent par être à la fois créateur de produits financiers et “joueurs” en achetant/vendant/spéculant sur les différents marchés financiers. Les courtiers, les cambistes (ou traders) entre autres finissent avec des salaires mirobolant. Les salaires à grande partie variables les poussent à prendre de gros risques (avec les banques, la direction et tout autre acteurs responsables au dessus de ces agents/joueurs qui sont bien au courant des pratiques et des risques encourus. Regarder Margin Call – excellent film présentant cet aspect). Tout ceci n’est qu’un symptômes mais le problème est que la sphère financière représente entre 50 à 100 fois la sphère réelle. On ne peut plus justifier que c’est pour créer de la liquidité. Car la liquidité on en a désormais en abondance. Malgré les nouvelles réglementations (Solvency II, Bâle III, etc.), nous sommes encore loin de contrôler ce marché “sauvage”.

 

 

 

 

Comme a si bien dit l’un des blogger que j’ai pu lire : “L’économie financière, représentant le chiffre de plus de 2 000 milliers de milliards (= 2 000 trillions ou T$) de dollars en 2007 (dont 1 400 T$ de produits dérivés et 500 T$ de produits de change), représente ainsi plus de 50 fois l’économie réelle (échanges de biens et services)…”

En réalité, dans certains pays nous avoisinons bien au-delà des 100 fois l’économie réelle. Et ceux ne sont pas les pays “en voie de développement” qui font partis de cette catégorie, bien au contraire. Ces pays financent nos dettes (européennes et surtout américaines).

La crise des subprimes n’est pas déjà une sonnette d’alarme suffisante pour que l’on réagisse ? Ou faut-il attendre la crise des marchés de gré à gré ? Celles de l’économie collaborative ? Ou encore celle du marché de la data?

Dans tous les cas ceux ne sont que des symptômes qui laissent transparaître un réel déséquilibre entre réalité et j’ai envie de dire… la fiction. Je pourrais bien me tromper ou exagéré certains traits mais il n’en reste pas moins que la finance est extrêmement instable avec des proportions sans précédents et déraisonnables.

A vous de réagir et de donner vos avis ! Ceci est un débat ouvert afin de mieux comprendre ensemble l’économie qui nous entoure.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s